Friday, September 30, 2022
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Afrique du Sud : Zéro tolérance à Johannesburg

« Rentre chez toi, je pourrais t’arrêter pour ça ». Arme et matraque à portée de main, les policiers ont multiplié les contrôles mardi soir dans les rues de Johannesburg, pour faire respecter les nouvelles restrictions liées à la COVID-19.

La veille, l’Afrique du Sud a donné un nouveau tour de vis aux mesures imposées pour freiner la pandémie : vente d’alcool interdite, masques obligatoires dans tout le pays, couvre-feu dès 21 h et jusqu’à 6 h du matin, bars et restaurants fermés à 20 h. Frappé par une seconde vague avec déjà plus de 27 500 morts, c’est le premier pays africain à avoir dépassé le million de cas, pour une population de 59 millions.

À partir de 21 h, plusieurs dizaines de voitures de police ont quadrillé les rues étrangement calmes de certains quartiers défavorisés de la mégalopole de près de cinq millions d’habitants. 

Juste avant, les autorités avaient averti qu’elles appliqueraient une « tolérance zéro » le premier soir du nouveau couvre-feu.

Au passage des voitures dans le centre, des ombres filent. Une petite fille et un garçon passent furtivement dans la lumière des phares, les policiers sortent de leur voiture : trop tard, les silhouettes ont déjà disparu.

Un peu plus loin, une dizaine de véhicules de police forment un barrage.

« À partir de 21 h, plus rien ne bouge », lance un policier, le doigt sur sa montre, à un chauffeur de mini-bus taxi lors d’un contrôle. 

« Mets ton masque », assène-t-il avant d’inspecter l’intérieur du véhicule. « On fouille tout, au cas où il y aurait de l’alcool », explique-t-il à l’AFP.

Masque à paillettes crasseux

L’interdiction de la vente d’alcool vise à réduire les accidents de la route et les violences, notamment familiales, qui viennent encore surcharger les hôpitaux du pays déjà à bout de souffle.

Le président Cyril Ramaphosa a reproché lundi aux Sud-Africains d’avoir « baissé la garde » face au virus, notamment avec l’organisation de nombreuses fêtes de fin d’année en cette période d’été austral. « Nous en payons désormais le prix ».

Fouille, palpations, une mitraille de questions posées en zoulou au chauffeur noir, il est enfin embarqué pour ne pas avoir respecté le couvre-feu.

« Ceux-là vont passer la nuit au poste », explique l’agent en montrant du doigt un fourgon. « Certains seront relâchés demain, d’autres seront jugés ». 

Ne pas porter de masque dans les lieux publics peut désormais conduire à la prison dans ce pays où une nouvelle variante du virus, plus rapidement transmissible, est responsable d’une grande majorité des nouveaux cas. 

Au même moment, un sans-abri chargé de bouteilles en plastique et de canettes, un chapelet autour du cou, passe dans la nuit.

« Tu sais l’heure qu’il est ? Tu es au courant des nouvelles restrictions ? Qu’est-ce qu’il se passe si je te mets une amende ? Tu n’as même pas de quoi payer », lui dit une femme policière. 

Lentement, l’homme sort un masque à paillettes crasseux de la poche de son pantalon qu’il pose sur son visage. Faisant un geste de la main, il ramasse son sac d’ordures et s’éloigne de la lumière des gyrophares.

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