Saturday, December 4, 2021
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COVID -19 : Feu vert pour la vaccination des enfants de 5 à 11 ans aux Etats-Unis

Les autorités sanitaires américaines ont hier donné leur recommandation finale au vaccin contre la COVID-19 de Pfizer-BioNTech pour les 5 à 11 ans, permettant à 28 millions de jeunes enfants d’être désormais éligibles pour recevoir leurs injections. 

Les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) ont officiellement recommandé mardi soir les injections pour cette tranche d’âge, après l’autorisation en fin de semaine dernière par l’Agence américaine des médicaments (FDA).

Le vaccin sera toujours administré en deux injections, à trois semaines d’écart. Le dosage a été adapté à 10 microgrammes par piqure, contre 30 microgrammes pour les groupes plus âgés.

«Nous savons que des millions de parents veulent vacciner leurs enfants», a déclaré dans un communiqué Rochelle Walensky, la directrice des CDC, qualifiant l’annonce de «nouveau pas important» dans la lutte contre la COVID-19.

«En tant que mère, j’encourage les parents ayant des questions à discuter» avec des professionnels de santé pour «en apprendre plus sur l’importance de la vaccination», a-t-elle ajouté. 

Les premières injections de jeunes enfants peuvent en théorie commencer dès mardi soir.

Le gouvernement avait largement anticipé la décision, en se procurant assez de doses pour vacciner tous les enfants de cette tranche d’âge, et en commençant à en envoyer des millions aux quatre coins du pays.

Depuis l’autorisation de la FDA, «il n’y a pas eu un moment où les équipes n’ont pas récupéré, emballé, et envoyé des vaccins», a déclaré lundi Jeff Zients, le coordinateur de la lutte contre la pandémie à la Maison-Blanche. «Ils ont travaillé 24 h/24 et continueront à le faire.» 

La campagne de vaccination des jeunes enfants «atteindra sa pleine capacité la semaine du 8 novembre», avait-il précisé.

Pharmacies, pédiatres, écoles

Chez les 5 à 11 ans, plus de 1,9 million de cas de COVID-19 ont été enregistrés aux États-Unis, plus de 8 300 hospitalisations, plus de 2 300 cas de MIS-C (syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique), et une centaine de décès.

Selon les essais cliniques menés par Pfizer sur des milliers d’enfants, le vaccin a démontré une efficacité de 90,7 % pour prévenir les formes symptomatiques de la maladie chez cette tranche d’âge.

Outre les protéger de tomber malades, les bénéfices attendus comportent également une baisse du nombre de fermetures de classes, et une possible réduction de la transmission de l’épidémie dans la population générale.

Les doses seront disponibles dans des pharmacies, des hôpitaux pédiatriques, mais aussi dans des cabinets de pédiatres, de médecins de famille, et certaines écoles. 

Le bouchon des flacons destinés aux enfants sera orange, et ainsi facilement reconnaissable comparé aux bouchons violets des flacons pour les groupes plus âgés.

Selon un sondage présenté mardi par les CDC et réalisé en septembre auprès de 1 000 parents, 57 % ont déclaré qu’ils feraient «sans aucun doute» ou «probablement» vacciner leur enfant.

Parmi les hésitants, les inquiétudes concernant les effets secondaires à court ou long terme étaient les raisons les plus citées.

«Excellentes preuves»

Plus tôt dans la journée d’hier, un comité d’experts convoqués par les CDC avait unanimement recommandé le vaccin de Pfizer pour les 5 à 11 ans.

Ces scientifiques indépendants ont passé en revue, durant une journée de discussions retransmises en direct, les données disponibles concernant le statut de l’épidémie chez les enfants, l’efficacité du vaccin de Pfizer, et ses possibles effets secondaires.

La principale inquiétude concernait le risque de myocardite, une inflammation du muscle cardiaque, détectée chez les adolescents et jeunes adultes (surtout masculins) après la vaccination avec Pfizer ou Moderna.

Les autorités sanitaires ont confirmé près de 880 cas chez les moins de 30 ans (plus de 600 restent à évaluer), dont environ 830 ont nécessité une hospitalisation. La plupart des cas se résolvent en quelques jours.

Neuf décès ont été suspectés d’être liés à une myocardite après le vaccin. Mais sur six cas pour le moment examinés, une myocardite liée au vaccin n’a finalement pas été identifiée «comme la cause du décès», a déclaré lors d’une présentation le Dr Matthew Oster, cardiologue pédiatrique.

«Le risque d’avoir un problème cardiaque est bien plus haut si vous attrapez la COVID que si vous prenez ce vaccin», a-t-il ajouté.

Les experts pensent en outre que le risque de myocardite devrait être plus rare chez les jeunes enfants, grâce au dosage réduit, mais aussi, car ce risque pourrait être lié au niveau de testostérone.

«Si j’avais un petit-fils, je le ferais assurément vacciner», a déclaré Beth Bell, spécialiste des maladies infectieuses et membre du comité. «Nous avons d’excellentes preuves d’efficacité et de sûreté. Nous avons une analyse-bénéfice-risque favorable», a-t-elle martelé.

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