Thursday, October 21, 2021
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COVID -19 : La mutation du virus sème la panique et provoque l’inquiétude en Europe

L’apparition au Royaume-Uni d’une nouvelle variante du coronavirus, présentée comme plus contagieuse que les autres, sème la panique et provoque l’inquiétude dans toute l’Europe. Mais rien ne démontre à ce stade que cette variante entraîne des formes plus graves ou résistera aux vaccins, soulignent les experts.

Le régulateur européen des médicaments a hier déclaré qu’il n’existait «aucune preuve» permettant de dire que le vaccin Pfizer-BioNTech ne protégerait pas contre une nouvelle souche du coronavirus, constatée principalement au Royaume-Uni. 

«Pour le moment, il n’existe aucune preuve suggérant que ce vaccin ne soit pas efficace contre la nouvelle variante», a déclaré la directrice générale de l’Agence européenne des médicaments, Emer Cooke, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle elle a annoncé la validation du vaccin.

Il n’est pas trop tard pour tenter de contenir la diffusion d’une nouvelle variante du virus de la COVID-19, qui a poussé de nombreux pays à isoler le Royaume-Uni, estime la doctoresse Emma Hodcroft, une spécialiste de la traque des mutations de virus.

Dans un entretien à l’AFP, l’épidémiologiste à l’université de Berne en Suisse, appelle aussi à développer le séquençage des variations du génome du SARS-CoV-2, le virus qui donne la COVID-19, pour pouvoir mieux suivre les pérégrinations de ses inévitables mutations. Elle a co-développé le projet Nextstrain, qui a pour ambition d’exploiter en temps réel les informations que peuvent fournir les données génétiques sur des agents pathogènes. 

La mutation n’est pas hors de contrôle

La nouvelle variante du coronavirus découverte au Royaume-Uni, à la transmission plus élevée, «n’est pas hors de contrôle», a affirmé l’Organisation mondiale de la santé, lundi,  appelant à appliquer les mesures sanitaires ayant fait leurs preuves.

«Nous avons eu un R0 (taux de reproduction du virus, ndlr) beaucoup plus élevé que 1,5 à différents moments de cette pandémie et nous l’avons maîtrisée. Cette situation n’est donc pas, en ce sens, hors de contrôle», a déclaré le responsable des situations d’urgence sanitaire à l’OMS, Michael Ryan, en conférence de presse.

La mutation est-elle normale ?

Les virus, comme les être vivants, sont dotés d’un matériel génétique (ADN ou ARN), qui peut être sujet à des modifications lorsqu’ils se répliquent (mutations) dans les cellules où ils se propagent ou par échanges entre virus (recombinaisons). Le plus souvent sans conséquence, ces mutations peuvent aussi conférer au virus un avantage ou un désavantage pour sa survie. 

« Il existe sans aucun doute des milliers de variantes », rappelle Emma Hodcroft, épidémiologiste à l’université de Berne. 

« Le plus important est de chercher à savoir si cette variante a des propriétés qui ont un impact sur la santé des humains, les diagnostics et les vaccins », ajoute le professeur d’infectiologie à l’université de Liverpool Julian Hiscox, cité par le Science Media Centre.

La nouvelle variante sur laquelle le gouvernement britannique a tiré la sonnette d’alarme comporte notamment une mutation, nommée N501Y, au niveau de la protéine Spike (spicule) du coronavirus, la pointe qui se trouve à sa surface et lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour les pénétrer, jouant donc un rôle clé dans l’infection virale. 

La circulation de la variante expliquée

Il est difficile d’affirmer que cette nouvelle forme est née au Royaume-Uni. Ce pays « est le leader mondial en matière de séquençage (…) Donc s’il existe une variante et qu’elle arrive au Royaume-Uni, elle a de bonnes chances d’y être détectée », note Emma Hodcroft, pour qui la première séquence de ce nouveau variant remonte à septembre. 

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), des formes similaires ont été détectées en très faible nombre en Australie (un cas), au Danemark (9), aux Pays-Bas (1) ou en Afrique du Sud. L’Italie a également annoncé un premier cas détecté dimanche. 

« Même s’il n’est pas né au Royaume-Uni, il semble bien qu’il y ait grandi. C’est en Angleterre qu’il s’est développé », assure Emma Hodcroft. De son côté, le ministre français de la Santé Olivier Véran n’a pas exclu qu’il circule déjà en France, même s’il n’a pas encore été détecté.

Des vaccins moins efficace causeront-ils une variante plus mortelle ?

Une meilleure résistance de ce variant de COVID-19 aux vaccins qui ont commencé à être distribués aux États-Unis, au Royaume-Uni, et qui sont attendus dans le monde entier, représenterait un scenario catastrophique. Mais ce n’est pas l’hypothèse la plus probable aux yeux des scientifiques. 

« L’idée du vaccin est que la protéine Spike dans son ensemble est montrée à votre système immunitaire, et vous apprenez donc à en reconnaître de nombreuses parties différentes », explique Emma Hodcroft. Du coup, « même si quelques parties changent, vous avez toujours toutes les autres parties pour reconnaître » le virus, affirme-t-elle. 

Vincent Enouf évoque, lui, un « répertoire d’anticorps qui devrait suffir».

« D’après tout ce que nous savons à l’heure qu’il est et à la suite d’entretiens qui ont eu lieu entre les experts des autorités européennes », la nouvelle souche « n’a pas d’impact sur les vaccins » qui restent « tout aussi efficaces », a déclaré le ministre de la Santé allemand Jens Spahn.

« Rien n’indique pour le moment que cette nouvelle souche entraîne un taux de mortalité plus élevé ou qu’elle affecte les vaccins et les traitements, mais des travaux urgents sont en cours pour confirmer cela », a ajouté le médecin-chef de l’Angleterre Chris Whitty. L’OMS et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) sont parvenus aux mêmes constats, mais ajoutent aussi que des investigations complémentaires sont nécessaires.

L’effet sur les tests

« Les responsables des laboratoires devraient vérifier auprès de leurs fournisseurs si leurs tests pourraient être pris en défaut » par cette nouvelle variante, relève Vincent Enouf. 

Selon l’ECDC, le changement de la protéine Spike a provoqué des faux négatifs dans certains laboratoires de tests au Royaume-Uni qui se basent uniquement sur cette protéine dans leurs analyses. L’agence européenne recommande d’éviter de se baser sur cette seule méthode, qui n’est de toute façon pas la plus répandue selon elle.

Maurice réagit rapidement

Devant la peur et l’inquiétude qui règne en Europe, Maurice a réagit rapidement et avec raison d’ailleurs. Depuis hier minuit, nos frontières sont strictement interdites à toute personne venant de l‘Afrique du Sud, de la Grande Bretagne, de l’Ecosse ou du pays des Galles. Le Dr Keilash Jugutpal, ministre de la Santé et le Dr Zouberr Joomaye, responsable de la cellule de communication de la Covid-19 National Communications Committee ont annoncé la nouvelle hier après-midi au cours d’une conférence de presse. Depuis hier, minuit donc, et ce jusqu’au 31 décembre, aucun vol en provenance de ces quatre pays n’est autorisé à atterrir à l’aéroport SSR.

 

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