Wednesday, November 30, 2022
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COVID -19 : L’origine du coronavirus COVID -19 priviliégie une chauve-souris

A-t-il laissé s’échapper le coronavirus ? L’Institut de virologie de Wuhan est visé par cette hypothèse, promue par l’ex-gouvernement de Donald Trump, mais jugée « extrêmement improbable » dans le nouveau rapport conjoint d’experts de l’OMS et chinois.

Ce texte dont l’AFP a obtenu lundi une copie privilégie l’hypothèse d’une transmission du virus à l’homme par l’intermédiaire d’un animal infecté par une chauve-souris.

Voici quelques questions sur l’Institut de virologie de Wuhan (centre de la Chine), la ville où a été détecté le coronavirus pour la première fois fin 2019.

Quelles sont ses installations ?                         

Cet institut public possède la plus grande collection de souches de virus d’Asie, avec 1500 spécimens, selon son site internet.

Il dispose depuis 2012 d’un laboratoire de haute sécurité P3 (pour « pathogène de classe 3 ») qui étudie de nombreux virus, notamment les coronavirus. 

La directrice de ce laboratoire est Shi Zhengli, spécialiste des travaux sur les coronavirus de chauve-souris et parfois surnommée la « Batwoman chinoise ».

L’Institut de virologie possède également un P4 (pour les pathogènes les plus dangereux). Un laboratoire à la sécurité encore renforcée, qui peut héberger des souches comme Ebola — fortement mortel.

Formellement ouvert en 2018 et visité l’année précédente par l’ex-premier ministre français Bernard Cazeneuve, ce P4 a été réalisé avec la collaboration de la France. 

Que font ses chercheurs ?

Équipés de combinaisons intégrales, dans un espace de travail pensé pour éviter toute fuite, les chercheurs wuhanais étudient différents pathogènes. Objectif : pouvoir réagir rapidement à l’apparition de maladies infectieuses.

Les chercheurs ont été les auteurs de nombreuses études sur les liens entre les chauves-souris et l’émergence de ces maladies en Chine. 

Ils ont aussi contribué à mieux connaître le nouveau coronavirus après son apparition à Wuhan.

En février 2020, leurs travaux avaient été publiés dans une revue scientifique. Conclusion : la séquence du génome du Sars-CoV-2 est à 96 % similaire à celle d’un coronavirus de chauve-souris.

Sont-ils coupés du monde ?

Non. Ils collaborent régulièrement avec des scientifiques étrangers. 

Deux chercheurs de Wuhan ont par exemple participé en 2015 à une étude internationale avec plusieurs universités américaines, lors de laquelle un agent pathogène avait été créé afin d’analyser la menace d’un virus semblable au Sras.

L’institut a collaboré avec EcoHealth Alliance, une association basée aux États-Unis et spécialisée dans la prévention des maladies, et dont le président Peter Daszak faisait partie des experts envoyés en janvier par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Wuhan.

Une fuite est-elle possible ?

Aucune preuve n’accrédite cette hypothèse.

Avant de rendre son tablier de chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo avait de nouveau pointé du doigt à la mi-janvier l’institut wuhanais.

« Le gouvernement des États-Unis a des raisons de penser que plusieurs chercheurs à l’intérieur de (l’établissement) sont tombés malades à l’automne 2019, avant l’identification du premier cas de l’épidémie, avec des symptômes compatibles à ceux, à la fois de la COVID-19, et de maladies saisonnières courantes », avait-il affirmé.

Selon le Washington Post, l’ambassade des États-Unis à Pékin, après des visites à l’institut, avait alerté en 2018 les autorités américaines sur des mesures de sécurité qu’ils jugeaient insuffisantes.

Le directeur de l’Institut de virologie et le gouvernement chinois ont catégoriquement démenti que ces laboratoires soient la source du coronavirus.

À la fin de leur mission en Chine, les experts envoyés par l’OMS avaient semblé exclure la possibilité que le virus ait pu s’échapper de l’Institut de virologie, la jugeant « hautement improbable ».

Une hypothèse est désormais jugée « extrêmement improbable » dans le rapport conjoint des experts de l’OMS et chinois.

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