Monday, November 29, 2021
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COVID -19 : Pokaa, le Golden Retriever, premier chien renifleur du maudit virus dans une maison de retraite

Un museau affûté contre la COVID-19: depuis vendredi, Pokaa, Golden Retriever de 2 ans, déploie son flair en Alsace (est) pour détecter d’éventuels cas d’infection. Une «première» en France dans une maison de retraite.

Pensionnaire de l’établissement La Roselière de Kunheim, près de la frontière allemande, Christophe Fritsch a déjà eu affaire aux tests COVID. L’an passé, cet ancien horticulteur de 85 ans a été frappé par le virus.

Il s’en est sorti, mais quand on lui demande ce qu’il pense des tests menés par Pokaa, l’octogénaire ne cache pas sa préférence: «Ça ne se compare pas. C’est très agréable […] on comprime un petit morceau de tissu» sous l’aisselle et, «au bout de cinq minutes, on retire. Un test PCR, c’est quand même plus compliqué».

Manipulés avec des gants pour éviter qu’une autre odeur corporelle s’y imprime, les échantillons imprégnés de sueur sont placés dans des sachets stériles, puis déposés dans des boîtes.

Le chien renifle ces boîtes l’une après l’autre et s’assoit s’il détecte un cas positif. Un test PCR viendra ensuite confirmer son flair.

Ce que sa truffe aiguisée détecte, c’est la protéine «spike», celle par laquelle le virus entre dans les cellules pour les infecter, explique Alain Legrand, directeur général de Handi’chiens, association spécialisée dans l’éducation de chiens d’assistance pour personnes en situation de handicap, dont Pokaa est issu. Handi’chiens dispose de quatre centres d’éducation en France, dont un à Kunheim, accolé à La Roselière.

«Bluffant»

Lors des tests menés la semaine dernière au sein de la maison de retraite sur des échantillons de l’hôpital de Strasbourg, Pokaa a reconnu «à 100%» les positifs et les négatifs, explique le DPierre Kohser, médecin de La Roselière. «Assez bluffant…»

Capable de «repérer l’ensemble des variants connus», Pokaa compte à «100% sur les symptomatiques» et à «95% sur les asymptomatiques», catégorie qu’il est crucial de repérer, poursuit M. Legrand. Chez ces derniers, il peut même «détecter le virus à peu près 48 heures avant les tests PCR».

Si l’idée de chiens détecteurs de maladies (cancers, épilepsie…) n’est pas inédite, la nouveauté, avec Pokaa, c’est qu’il est actuellement le seul chien renifleur de COVID dans une maison de retraite en France, explique Alain Legrand.

Une présence très utile, relève le DKohser, car cette mise à l’épreuve est «simple», très peu coûteuse et «bien tolérée» par les résidents, souvent atteints de troubles cognitifs comme l’Alzheimer et qui «se débattent quand on leur fait un frottis».

Les qualités olfactives de Pokaa, qui intervenait déjà dans une vingtaine de maisons de retraite en tant que chien de médiation, sont le fruit d’une formation de «quatre semaines» à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, suivant la méthode Nosaïs-COVID-19 du PDominique Grandjean, explique Christelle Schreiber, éducatrice canine chez Handi’chiens.

«Sauver des vies»

Pokaa y a été formé avec deux autres chiens de l’association, précise Benoît Seewald, responsable du centre Handi’chiens de Kunheim. Pour l’heure, seul Pokaa exerce sa compétence COVID.

Directeur de La Roselière et président de Handi’chiens, Robert Kohler est convaincu de l’utilité de ces tests en établissement, où ils peuvent «sauver des vies». Comme les autres maisons de retraite de France, La Roselière a été durement frappée par les deux premières vagues, avec «une surmortalité de 17 ou 18 personnes», témoigne le DKohser.

Sur les quelque 112 000 personnes mortes de la COVID-19 en France, plus de 26 000 sont mortes en maison de retraite ou établissement spécialisé.

Aucun cas n’a été détecté chez les résidents depuis décembre 2020, précise M. Kohler, qui envisage malgré tout de procéder à une «cartographie» virale en soumettant les 127 résidents et 110 membres du personnel, en grande majorité vaccinés, au flair de Pokaa. «Une série de tests toutes les deux ou trois semaines me paraît un calendrier opportun», pourquoi pas en incluant les visiteurs? glisse-t-il.

L’association, qui a financé la formation des trois chiens, aimerait désormais voir ce système essaimer vers d’autres établissements.

Impensable, toutefois, sans l’aide financière des pouvoirs publics: Handi’chiens, qui vit principalement de dons, ne peut pourvoir à la formation de ses 250 chiens, expliquent MM. Legrand et Kohler, estimant qu’un «appui des autorités de santé serait vraiment un plus».

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