Saturday, December 4, 2021
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COVID -19 : Selon une étude américaine, l’Inde a dix fois plus de morts que le chiffre officiel

Le nombre de personnes mortes en Inde de la COVID-19 pourrait être dix fois supérieur au bilan officiel, lequel est actuellement proche des 415 000 décès, estime une étude américaine publiée aujourd’hui, ce qui ferait de la pandémie la pire tragédie humanitaire en Inde depuis son indépendance. 

Les experts de la situation indienne avertissent de longue date que le bilan est largement sous-évalué dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants. Mais l’estimation du Center for Global Development est la plus élevée n’ayant jamais été faite. Elle prend en compte la flambée épidémique des plus dramatiques qui s’est produite en avril et en mai en Inde à cause du très contagieux variant Delta.

L’étude, dont la période va du début de l’épidémie, l’an passé, à juin de cette année, avance qu’entre 3,4 et 4,7 millions de personnes ont succombé au coronavirus dans cet intervalle.

«Le bilan réel des morts se situe probablement dans les millions, pas dans les centaines de milliers, ce qui en fait la pire tragédie humaine en Inde depuis la partition et l’indépendance», avancent les chercheurs.

Après la partition entre l’Inde — à majorité hindoue — et le Pakistan — à majorité musulmane — en 1947, des violences confessionnelles avaient fait des centaines de milliers de morts. Certains avancent même un bilan de deux millions de morts.

Officiellement, l’Inde a recensé un peu plus de 414 000 décès dus à la COVID-19, ce qui est le troisième bilan le plus élevé au monde après ceux des États-Unis (609 000) et du Brésil (542 000).

Les experts ne mettent pas la sous-évaluation du bilan officiel indien sur le compte d’une volonté délibérée de dissimulation, mais sur les carences du système de santé local.

Ces dernières semaines, plusieurs États indiens ont d’ailleurs revu leurs bilans à la hausse.

«Contradiction apparente»

L’étude du Center for Global Development se fonde sur l’estimation de la «mortalité excédentaire», soit la comparaison entre le nombre de décès actuel et celui antérieur à la pandémie.

Les auteurs (parmi lesquels figure Arvind Subramanian, ancien conseiller économique en chef du gouvernement indien, mais aussi un expert de Harvard) ont procédé, notamment, en analysant le registre des décès de certains États et des études nationales officielles.

Ils reconnaissent que l’estimation de la mortalité est toujours un exercice compliqué.

Mais «toutes les estimations suggèrent que le bilan des décès de la pandémie est probablement bien supérieur au décompte officiel», disent-ils.

Christophe Guilmoto, démographe à l’Institut de recherche pour le développement, a récemment estimé dans une étude que le bilan des morts était plus proche des 2,2 millions à la fin mai.

Il a observé que le taux de mortalité [par million d’habitants]en Inde était inférieur de moitié à la moyenne mondiale.

«Un chiffre si bas est en contradiction apparente avec la gravité de la crise qui a frappé la plupart des familles indiennes dans le pays, ce qui a été illustré par une pénurie dramatique de vaccins, de tests COVID-19, d’ambulances, dans l’accès au personnel médical, aux lits d’hôpitaux, à l’oxygène, aux ventilateurs, aux médicaments, et finalement aux cercueils, au bois, aux prêtres, aux lieux de crémation ou d’inhumation, comme cela a largement été rapporté par les médias indiens et internationaux», écrivait-il.

Son équipe en a conclu que le bilan officiel ne prenait probablement en compte qu’un décès sur sept.

En juin, le ministère indien de la Santé avait fustigé le magazine britannique The Economist pour avoir avancé dans un article que la mortalité excédentaire était probablement cinq à sept fois supérieure au bilan officiel. Il avait qualifié ces estimations de «spéculatives» et de «mal informées».

En mai, l’OMS avait estimé que la surmortalité causée par la pandémie dans le monde était deux à trois fois plus élevée que les décès officiellement attribués à la COVID-19 depuis l’apparition des premiers cas fin 2019 en Chine.

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