Saturday, October 23, 2021
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COVID -19 : Taïwan: le pari du vaccin local

La guerre des vaccins continue à travers le monde. Aujourd’hui, après l’AstraZeneca de l’Université d’Oxford suivi de plusieurs autres, voilà que des « inconnus » viennent s’ajouter à la liste. Taiwan en est un. Isolé sur la scène internationale en raison des pressions de Pékin, Taïwan a fait le choix de soutenir le développement d’un sérum local. Un des trois vaccins en cours de développement est sur le point de recevoir une autorisation d’utilisation.

Nous sommes au printemps 2020, l’OMS vient de déclarer le Covid-19 « pandémie mondiale ». Russie, Chine, Inde, États-Unis : les groupes pharmaceutiques des grandes puissances mondiales sont déjà lancés dans la course au vaccin. Mais au même moment, plusieurs petits pays sont également dans les starting-blocks. C’est le cas de Cuba, inquiet d’être affecté par l’embargo américain, mais aussi de Taïwan, archipel démocratique de 23 millions d’habitants revendiqué par Pékin.

 « Dès le mois de janvier 2020, les entreprises taïwanaises ont commencé à travailler sur un vaccine », rappelle l’épidémiologiste Ho Mei-Shang, professeure à l’Academia Sinica de Taipei. « Quand les premiers résultats sont arrivés, le gouvernement a commencé à les soutenir ». En juillet 2020, trois subventions de 15 millions d’euros sont accordées par le gouvernement à trois groupes pharmaceutiques taïwanais. Les autorités passent finalement commande à deux d’entre eux pour 10 millions des doses, soit un tiers des vaccins commandés par l’archipel.

Isolé diplomatiquement en raison des pressions de Pékin, Taïwan a de bonnes raisons de compter sur sa production domestique. « Pour la présidente taïwanaise Tsai Ing-Wen, ce choix comporte une dimension de sécurité nationale », assure Chien-Huei Wu, chercheur associé à l’Academia Sinica, spécialiste en droit international. Le gouvernement a anticipé la difficulté de sécuriser des doses au niveau international, notamment en raison de notre situation géopolitique ».

Le vaccin domestique, planche de salut du gouvernement

Plus d’un an plus tard, ces inquiétudes se sont révélées fondées. En mai 2021, lorsque Taïwan connaît sa première vague épidémique depuis le début de la pandémie, seules 300 000 doses des 20 millions commandées aux grands laboratoires et via la plateforme de Covax – censée assurer une répartition équitable des doses à l’échelle mondiale – ont été reçues. Selon le gouvernement taïwanais, la Chine aurait par ailleurs contribué à faire échouer un contrat que Taïwan s’apprêtait à signer avec le laboratoire allemand BioNTech pour une commande de 5 millions de sérums Pfizer.

Face à cette pénurie, le vaccin domestique est devenu la planche de salut du gouvernement. Et heureusement pour les Taïwanais, il est sur le point de porter ses fruits. Le 10 juin, la société Medigen est la première à annoncer les résultats de sa phase clinique 2, menée sur près de 4 000 Taïwanais. L’entreprise a développé, avec le soutien de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses des États-Unis (NIAID), un candidat-vaccin à protéine Spike. Cette protéine située sur l’enveloppe du virus conduit l’organisme à produire des anticorps efficaces contre le Covid-19.

Dans la foulée de ces premiers résultats, Medigen a déposé le 15 juin une demande d’autorisation d’urgence auprès des autorités taïwanaises. Et ce malgré l’absence d’essais en phase 3, habituellement requis pour la délivrance d’un tel certificat.  « Taïwan ne compte pas assez de malades pour mener une telle étude, note la professeure Ho Mei-Shang. [NDLR : l’archipel compte cette semaine moins de 100 contaminations par jour]. Cela fait sens que le gouvernement accepte une autorisation d’urgence sans phase 3 ».

Selon les premiers chiffres de Medigen, le vaccin taïwanais produit une réponse immunitaire dans 99,8% des cas. Des chiffres encourageants qui doivent désormais être comparés aux niveaux observés chez les patients vaccinés à l’AstraZeneca (majoritaire à Taïwan). Si le sérum taïwanais affiche des performances supérieures ou égales à celles de son concurrent britannique, Taïwan deviendra le deuxième pays d’Asie du Sud-Est, après la Chine, où un vaccin national est accepté pour une utilisation d’urgence.

La reconnaissance à l’internationale sera déterminante

Mais il restera encore quelques obstacles à franchir pour le vaccin taïwanais, parmi lesquels la réticence de ses concitoyens. « Je n’ai aucune confiance dans notre vaccin national », tranche Nai-Wen, employé de 28 ans dans le secteur de l’assurance, qui se définit comme étant apolitique. Les tests cliniques sont allés bien trop vite ».« Je n’accepterai le vaccin taïwanais que s’il est reconnu à l’étranger », insiste de son côté Li-Ya, employée quinquagénaire dans un atelier de baozi (brioches farcies)

Selon un sondage conduit par le parti d’opposition du Kuomintang au début du mois de juin, le sérum taïwanais séduirait deux fois moins que ses concurrents à ARN messager, Pfizer et Moderna. « Je reste optimiste sur le fait qu’il y aura toujours suffisamment de Taïwanais qui souhaiteront recevoir le vaccin domestique, veut croire la professeure Ho Mei-Shang, qui a elle-même reçu le vaccin Medigen lors des essais cliniques. Certaines personnes font davantage confiance aux techniques traditionnelles, comme celle à bases de protéines Spike utilisées par Medigen, alors que les vaccins à ARN messager peuvent inquiéter ».

La reconnaissance à l’internationale du vaccin domestique sera déterminante. Pour ce faire, la firme taïwanaise a déjà annoncé son intention de conduire ses essais en phase 3 à l’étranger, notamment en Europe. Ces tests coûteux permettront également à Taïwan d’écouler ses doses à l’international, et notamment au Paraguay – seul allié diplomatique de Taïwan en Amérique du Sud- et au Vietnam, où des accords-cadres avec Medigen ont déjà été signés.

Une porte, en revanche, restera à l’évidence fermée au vaccin formosan : celle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont Taïwan est exclu sur demande de Pékin. Pour les experts taïwanais, une reconnaissance du vaccin domestique par l’organisation reste chimérique, quelque soit son efficacité. « L’OMS ne nous reconnaît pas en tant que pays, il n’y a aucun espoir qu’ils reconnaissent notre vaccin ! », souffle Ho Mei-Shang. 

 

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