Tuesday, August 9, 2022
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EDITO: Accusés, levez-vous !

Le pays tout entier, y compris les dirigeants politiques de tous les bords, est en émoi depuis samedi dernier depuis le « dévoilement » sur les réseaux sociaux des vidéos des scènes de tortures physiques perpétrées par certains policiers. Des vidéos montrant les limites illimitées de certains policiers affectés dans les investigations et autres enquêtes. Des scènes de tortures comme on n’en a jamais vu même dans des films d’horreurs et autres documentaires. Des scènes de sévices sexuels d’une violence qu’on aurait jamais imaginés, même dans nos pires rêves.  Des pervers, des sadiques, des psychopathes se faisant appelés fonctionnaires.

Le comportement de ces policiers, payés des deniers publics, est inimaginable à plus d’un titre. Condamnable et honteux par et pour la race humaine. Même des gorilles n’auraient pas agi ainsi m’a dit un religieux d’une organisation socio culturelle de Lallmatie jeudi dernier après la vidéo barbare où des gabelous demandent à un présumé accusé de bouffonner une divinité tamoule.

Même si nous n’épousons pas l’idéologie, les méthodes de revendication, les messages de certains activistes, nous sommes les premiers à reconnaître que leur courage d’avoir dévoilé au grand jour ce qui se passe dans certaines sphères de la police chez nous est salutaire. Des pratiques maléfiques de certains de nos policiers. Oui, cela se passe chez nous, un pays dont nous vendons le charme à l’étranger pour attirer les touristes, pour faire rouler notre économie. Un pays où nous demandons aux étrangers de venir investir, de venir vivre même.

Ces policiers voyous auraient dû être longtemps condamnés si lorsque l’avocat, Rama Valayden, avait remis un clef USB montrant ces scènes de tortures à un haut gradé de la police, sur une requête de l’ancien Commissaire, Khemraj Servansingh, il avait fait son devoir non seulement de policier, mais également de citoyen rapidement et correctement. En quelque sorte, le haut gradé est aussi devenu un complice des tortionnaires, puisque de par son inaction, les scènes de tortures dans certaines stations de police, ont continué des plus belles. Il est donc aussi coupable que ses collègues malfrats. Un comportement plus responsable aurait fait ses voyous cesser avec ces pratiques bestiales.

Moi, je ne me retrouve pas parmi ceux qui blâment le gouvernement du jour dans cette affaire. Les stations changent, mais les méthodes sont semblables ou presque. Car, les tortures au sein de la police mauricienne datent de bien avant 2014. Dans les vidéos, nous voyons et vivons des scènes de tortures physiques, mais il y aussi la torture morale qui est pratiquée par ces policiers et qui est d’un niveau de pourriture inimaginable. La torture morale et le harcèlement, courants chez certains des CID Centres, sont tout aussi condamnables et graves dans une société dite civilisée. La police brûle des carrières, brise des familles, des vies même. Si ou pa solid ou pa tini. Je le sais bien. Et pour cause !

En septembre 2013 et ce jusqu’à 2018, j’ai été personnellement victime de torture morale de la part de certains membres de la CID de Curepipe pour une affaire montée de toute pièce avec une aire de revanche d’un ancien haut gradé de la police, qui à mon humble avis, dès le départ, ne tenait pas la route parce que je ne faisais que mon travail comme un professionnel. Une affaire qui a causé mon arrestation et détention pendant cinq nuits. Dieu sait comment j’ai dû me battre, avec ma famille, mes avocats, Mes Dick Ng Sui Wa et Avineshwar Dayal et des amis, lutter pour vivre, pour me défendre, pour obtenir justice contre ces pouilleux que je ne souhaite pas à mon pire ennemi de croiser une seule seconde dans la vie.

En septembre 2013 au bureau du CID de Curepipe, j’ai personnellement vu des Tasers entre les mains de deux officiers que je peux identifier. Oui. J’ai vu de mes propres yeux. Extérioriser ce dont j’ai vécu, les humiliations, le harcèlement avec un certain CI Rajaram, qui s’était présenté à moi comme mon avocat, promu SP mercredi dernier, un certain Inspecteur Omrawoo à la tête d’une branche de la CID dans le Sud souvent pointé du doigt et quelques-uns de leurs officiers, dont une inspectrice, Nothoo, maintenant affectée à la CCID (elle aussi était en première ligne dans l’équipe qui n’avait pas honte de mettre nu et d’admirer M. Gaiqui enchaîné nu à la CID de Curepipe), sévèrement critiquée par l’ancien magistrat Raj Seebaluck dans un jugement rendu public le 15 janvier 2021, en cour intermédiaire, est toujours très difficile. Même après des sessions avec une psychiatre, une psychologue et des religieux. Vous vivez un véritable calvaire. Vous êtes toujours hanté par la façon de faire de ces policiers qui ne méritent pas de porter l’uniforme, mais qui ne méritent que le mépris. C’est cette même Mme Nothoo qui m’avait dit ironiquement « perna nanyen kont ou me l’ord finn vinn depi la ho ek pou bisin ferm ou enn nuit ». En septembre 2013, l’ordre est venu depuis la haut ! C’est tout le temps le même refrain des policiers qui croient qu’ils opèrent comme un Etat dans un Etat. Ma détention annoncée d’un jour durera cinq nuits que je ne méritais pas au Detention Centre de Vacoas où tard les soirs jusqu’au petites heures du matin, vous entendez des hurlements des personnes arrêtées par la CID que les détenus me diront plus tard « bann-la ti pe gagn kout Taser sa misie ». Et mes co-locataires me raconteront aussi à l’heure du petit déjeuner, leurs expériences avec les éclairs des Tasers sur le corps ou les parties intimes ou les deux ou encore les coups de Tonga. Expériences que certains ont vécu avec l’équipe de Rajaram aussi à Curepipe. Les CID Centres changent, mais les pratiques sont plus ou moins les mêmes. Les sévices de ces voyous font partie de leur mode opératoire. Je ne sais toujours ce qui s’est passé avec mes dépositions contre mes tortionnaires, à la CCID en décembre 2013.

J’imagine aujourd’hui, le sentiment de ces victimes de tortures physiques que nous voyons dans les vidéos circulants sur les réseaux sociaux et que nous devons considérer comme des héros comme l’a si bien fait remarquer Lindsay Collen sur Radio Plus durant la semaine écoulée. Les préjudices que ces vidéos les causent, à eux, à leurs proches sont indescriptibles à plus d’un titre. Ont-ils déjà obtenu un soutien psychologique qui aurait dû venir de la police même et payer par cette même police ? Et qui de leurs proches, surtout de leurs enfants ? En attendant, d’autres tortionnaires, circulent sûrement toujours en toute impunité et qui sont peut-être à la recherche de leurs prochaines victimes. Eux, ce sont ces policiers voyous beaucoup plus rusés qui n’ont pas fait filmer leurs scènes de tortures. Mais qui ont tout aussi bien jeter en pâture une si noble profession de policier. Comme l’a fort courageusement prouvée Mme Nicky Harley, l’ex-épouse du sergent Reedoye, un de ces malfrats de la CID de Terre Rouge, accueillis comme un prince par ses collègues à la cour de Pamplemousses durant sa première comparution devant la magistrate de service. Accusés, levez-vous !

STELLIO ANTONIO

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