Saturday, December 4, 2021
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INTERVIEW DE LA SEMAINE: M. Dawood Panchoo, président du Rotary Club de Flacq

« La solidarité qui prime au sein de notre club nous permet d’avancer en faveur des bonnes causes »

Le bénévolat meurt à petit feu dans le pays, dit-on. C’est peut-être vrai dans bien des cas, mais à Flacq, ces hommes du Rotary Club de Flacq, des professionnels de renoms, malgré leurs emplois du temps chargé, trouvent du temps pour s’adonner avec passion, humilité et simplicité aux bonnes causes. Chaque année, le comité directeur de ce prestigieux club service est renouvelé. Depuis le 1er juillet dernier, c’est M. Dawood Panchoo, Senior Citizen actif, grand-père qui guide les pas de ses petits-enfants, qui a été investi des pouvoirs du président. Évidemment, même si c’est lui le président, il compte toujours sur le soutien indéfectible de ses amis membres pour ne pas dire ses frères, dans le but de mener à bien sa tâche. « La solidarité qui prime au sein de notre club nous permet d’avancer en faveur des bonnes causes » fait-il ressortir à la veille des dix-huit ans de son club. Interview.

M. Dawood Panchoo, vous êtes considéré comme un des doyens du Rotary Club de Flacq. Racontez-nous un peu cette aventure rotarienne dans laquelle vous vous êtes engagée ?

Je suis fier de faire partie du Rotary Club de Flacq depuis sa naissance en 2002. Demain, 6 décembre, nous fêterons nos 18 ans. Un heureux évènement certes, mais dommage qu’un des nôtres, partit trop tôt, le très regretté Bobby Madhub, ne sera pas physiquement avec nous pour cette grande célébration. Le 6 décembre c’est la date de l’intronisation de notre Club. Vous savez le Rotary et moi, c’est une véritable histoire d’amour qui date depuis l’époque où je faisais mes études à l’université de Karachi.Pakistan. Je suis à la retraite maintenant et donc, vous pouvez imaginer un peu le nombre d’années que je fais ma route avec le Rotary. La découverte du Rotary c’était au Pakistan. Je faisais ma BSc en Économie et à l’époque, j’avais d’excellentes relations avec le Foreign Students Adviser, le Dr Khan, qui à l’occasion de la fête Eid organisait des Home Hospitality en faveur de certains étudiants étrangers. Il demandait, en effet, à des membres du Rotary de Karachi, Pakistan d’accueillir des étudiants étrangers chez eux pour certaines célébrations. Plus de 40 ans de cela donc, c’était mon premier contact avec le Rotary. 

Ce qui nous imaginons a été le déclic pour que vous deveniez membre du Rotary ?

Oui, un peu cela. Par exemple, au Pakistan à chaque période de jeûne menant au Eid, il y avait aussi le Iftar Gathering qui était organisé et je me retrouvais souvent dans le groupe des 8-10 étudiants étrangers choisis. C’était un peu le premier frottement avec ce prestigieux club qu’est le Rotary. 

(…) « depuis 2002, je navigue dans cette belle barque du Rotary, premier club Rotary de la région rurale dans le pays »

Et comment vous-êtes-vous retrouvé parmi les fondateurs du Rotary Club de Flacq ?

C’est mon regretté ami, Bobby Madhub et deux autres frères, Rajesh Bucktowonsing et Nausad Nauthoo qui m’ont vraiment inspiré pour faire partie du Rotary Club de Flacq. Les trois Beaubassinnois qu’ils étaient, voulaient que Flacq ait son propre club Rotary. Ils ont établi des contacts avec quelques personnes et moi. C’est Naushad qui m’avait approché en premier. Nous avons eu des sessions de discussions individuelles. Tout tournait autour de mon intérêt et la raison pour laquelle je voulais et pouvais joindre le Rotary. J’avais demandé à Naushad de contacter mon frère aîné qui était au CEB, mais il avait insisté que ce soit moi qui devais rejoindre le club de Flacq. Il m’a fait comprendre que mon engagement dans le social, le sport et la vie communautaire des habitants de Brisée Verdière était un atout. Convaincu que Bobby Madhub, Rajesh Bucktowonsing et Nausad Nauthoo étaient des hommes en qui je pouvais placer ma confiance, j’ai dit oui. Et voilà que depuis 2002, je navigue dans cette belle barque du Rotary, premier club Rotary de la région rurale dans le pays, heureux de continuer à faire du social, heureux à donner un peu de mon temps en faveur de ceux qui en ont besoin et heureux à lutter pour des bonnes causes avec tous les membres. 

Ai-je raison de dire que le Rotary Club de Flacq possède ce petit plus qui fait de lui un des clubs service les plus dynamiques du pays ?

Merci pour le compliment. Écoutez, la passion anime tous les membres de notre club. C’est une grande passion d’ailleurs. Le cœur y est lorsque nous nous engageons dans des projets sociaux. Ensuite, au départ même de la fondation de notre club, le concept de la famille a été intégré dans nos activités. Il n’y avait pas cette implication de la famille dans les activités des clubs de Rotary jusqu’au jour où le club de Flacq a été lancé. Cela fait, si vous le voulez bien, en toute humilité, notre force. 

La solidarité qui priment au sein de notre club nous permet d’avancer en faveur des bonnes causes.Qu’est-ce que cela fait d’être président de ce prestigieux club de Flacq, M. Panchoo ?

Vous n’allez peut-être pas me croire. Je n’ai jamais voulu être président car je sais que c’est une fonction qui demande beaucoup de temps. A very demanding job as a whole. Je suis grand-père et c’est une période de la vie où les petits enfants prennent beaucoup de votre temps, surtout pour les inculquer des valeurs, jeter un coup d’œil sur ce qu’ils font à l’école et les indiscutables promenades. On dit aussi que les vieux lions n’ont pas de dents (rires). Vu que nous sommes un club qui bouge avec la famille, lorsque j’ai été approché pour assumer la présidence, je me suis dit, après longue réflexion – qu’un mandat d’une année qui a pris effet le 1er juillet dernier pour terminer le 30 juin 2021, je peux donner encore un peu de mon temps, d’autant que la famille bougera avec moi. Savez-vous que mes petits enfants savent que les jeudis, à partir de 19h00, je n’ai du temps que pour le Rotary. Ils savent que j’irai passer quelques heures au Restaurant Manuel, à Saint Julien village, lieu de rendez-vous par excellence pour nos réunion hebdomadaire, gracieusement offerte par M et Mme Manuel. Pour répondre à votre question, je dirais que cela me rend davantage heureux de servir comme président, mais rien ne peut réussir seul. J’ai toute une équipe qui me donne un sacré coup de main et à laquelle je veux tout simplement dire Thank You so much. 

Comment se passe votre présidence ?

C’est une présidence marquée par la pandémie de la COVID -19. Il y a pas mal de projets que nous ne pouvons réaliser. Mais, mon engagement est de tout faire pour réaliser le plus grand nombre de projets dans la région de Flacq.

« La période de la COVID -19, mesurer la dimension de l’esprit de solidarité, de l’esprit d’équipe et de l’enthousiasme des membres du Rotary Club de Flacq »

Mais, alors que la pandémie battait son plein dans le pays, à Flacq nous avons été agréablement surpris de voir les membres de votre club en action en faveur des familles vivant dans des conditions difficiles ?

Oh oui. Je tire mon chapeau à tous les membres du Rotary Club de Flacq et le Président sortant en particulier pour cette action si louable et spontanée pour s’organiser et offrir une boîte contenant des denrées de base à plus de 550 familles, en collaboration avec une association des habitants de Providence sur Mer. Nous sommes allés remettre humblement ces boîtes chez des familles dans plusieurs régions de Flacq comme Poste de Flacq, Trou d’Eau Douce, Queen Victoria, Riche Mare, Centre de Flacq par exemple. La période de la COVID -19, mesurer la dimension de l’esprit de solidarité, de l’esprit d’équipe et de l’enthousiasme des membres du Rotary Club de Flacq. Mais, nous avons aussi pu prendre conscience du niveau de la pauvreté dans certains coins de l’Est. C’est à la fois dur et triste. 

Pourquoi ce geste ?

Je vous dirais tout simplement que nous ne pouvions rester insensible aux cris de plusieurs familles. Nous avions eu écho de plusieurs personnes qu’il y avait des familles sans nourriture. Comment rester les bras croisés lorsque vous êtes mis au courant qu’il y a des enfants des bébés sans de quoi manger. La situation était catastrophique à plus d’un titre. Comment peut-on manger et voir d’autres le ventre vide ? Cette situation difficile dans laquelle vivaient des familles ne pouvait nous laisser insensible. Évidemment, on aurait voulu offrir plus de boîtes, mais il faut comprendre que nous avons fait avec nos moyens, ce dont nous pouvions en faveur de ces compatriotes qui étaient dans la souffrance. 

Et si nous parlions de votre fabuleux projet A Nou Alle Apranne. Est-ce que l’exercice se poursuit ?

Oui. C’est un autre projet que nous tenons à cœur. Nous essayons dans la mesure du possible de le déplacer un peu partout dans le district de Flacq. C’est un noble projet qui fait les gens comprendre et connaître davantage le Rotary Club de Flacq. C’est un projet réservé aux dames de la région. Celles qui ont participé sont reparties sachant lire, écrire et comprendre ce qu’elles lisent et ce qu’elles écrivent. Elles peuvent désormais signer des documents comme vous et moi en toute connaissance de cause. 

Et vos autres projets ?

Nous avons organisé le nettoyage des bordures de rivières en étroite collaboration avec les Rotaractiens et ceux faisant partie d’Interact. Imaginez un peu que nous avons ramassé pas moins de 45 poubelles de déchets en une demie journée dans un petit périmètre et s’il fallait continuer, nous aurions ramassé facilement le double.

N’êtes-vous pas déçu devant ce constat ?

Effectivement. Autant de pollution causée par la race humaine dans une seule région. Mais, c’est horrible. Autant de campagnes, autant d’exercices de communication pour demander aux gens de ne pas prendre les routes, les rivières et la mer pour des poubelles, mais peine perdue, au contraire, la situation empire. Mais, nous Rotariens, on persiste et signe, on va continuer à nettoyer et on va continuer à décourager les gens à tout jeter partout. 

Autant que je m’en souviens, vous avez aussi un projet concernant les enfants et les sciences. N’est-ce pas ?

Oui. Effectivement, nous voulons motiver les enfants à se tourner un peu plus vers les sciences, d’où ce projet de les remettre des microscopes en papier. Le projet a déjà touché les élèves du SSS Leckraz Teelock et nous ne comptons pas nous arrêter là. Au contraire, nous étalerons ce projet dans d’autres institutions éducatives de la région de Flacq et pourquoi pas, plus tard, partout dans l’île. Nous avons aussi un projet de Poster Compétition…et nous voudrions aussi réaliser des projets liés à la culture ayant pour but de faire les Mauriciens comprendre et mieux interprété les fêtes religieuses comme le Divali, la Pâques, le Cavadee, l’Eid ou encore la Fête du Printemps par exemple. Nous avons aussi fait des causeries sur l’éthique, avec la participation du Professeur Torul, un Webinar avec une branche du Rotary en Inde (Bharuch) sur le Cybercrime. C’était une causerie sur le Awareness. Nos deux participants, Anusha et Varun ont été chaudement applaudis pour l’occasion. Laissez-moi aussi vous dire que nous avons un jumelage avec le Rotary Club du Bengalore en Inde avec lequel nous avons organisé un zoom meeting pour marquer nos dix ans d’alliance. Vous serez surpris de constater le nombre de projets que nous avons réalisés conjointement en Inde. 

Il y a également le projet erradicate polio qui vous tient à cœur ?

Oh oui. Le 24 octobre dernier, il y a eu cet élan de solidarité à travers le monde pour l’éradication de la polio. C’est une bataille que le Rotary et nous tous ensemble voulons gagner à tout prix. Vive le End Polio Plus du Rotary. A cette occasion, le 29 octobre PADG Rama Chetty était des nôtres pour une discussion franche sur le thème ‘Eradication of Polio – The Rotary Expérience.’ Cela nous a permis de mieux comprendre et partager nos connaissances sur ce triste événement de l’histoire de l’humanité.

Nous avons aussi le projet LN4 – prothèse de la main en collaboration avec les clubs Rotary de l’Inde. C’est un projet qui est placé sous la responsabilité du Dr Sundar avec la participation du Global Rainbow Foundation.

« La socialisation physique fait partie du passé. Il y a pourtant des moyens pour corriger cela. Il faut faire revivre des activités »

Et la NEF est-elle collaboratrice de vos projets ?

Nous avons récemment reçu le CEO de la NEF, Jean François Chaumière à une de nos réunions. L’idée était de parler de la contribution des ONG dans le développement économique du pays. Aujourd’hui, 5 décembre, nous passerons une demie journée avec les enfants autrement capables. Vous n’êtes pas sans savoir que chaque année nous essayons d’apporter un peu de contentement et de gaieté aux enfants  du Paediatric Ward de l’hôpital Bruno Cheong de Flacq pour célébrer la Noelle. J’en suis fier de mentionner ici que j’étais le pionnier de ce projet en 2003/2004. A cette époque on avait même offert un ordinateur à cette unité de pédiatrie pour mieux suivre les enfants avec des maladies récurrentes et d’en avoir une banque de données appropriée.  

A bien voir, le Rotary Club de Flacq a pas mal de projets pour les jeunes. Que pensez-vous de la jeunesse ?

La jeunesse est critiquée, mais je dirais à tort. La jeunesse d’aujourd’hui vit à l’heure de la digitale et nous devons la comprendre. Le téléphone mobile, et la tablette, le laptop sont incontournables dans la vie des jeunes. Mais, je reconnais qu’il y a une perte des valeurs. Les parents sont tout aussi responsables que les jeunes. La socialisation physique fait partie du passé. Il y a pourtant des moyens pour corriger cela. Il faut faire revivre des activités. Organiser des matches d’exhibition de Football, de volleyball et de basket-ball comme on savait le faire à Flacq dans le passé. La pétanque est un jeu passionnant mais qui demande un peu plus de motivation pour que les jeunes s’en mêlent. Il faut donner à cette jeunesse les plateformes pour leur permettre de vivre sainement et non tomber dans les fléaux comme la drogue. De nos jours, lorsqu’on parle de GYM, on pense à la musculation. Or, une Gym est un health club. Donc, il y a un mindset à changer. Il faut que la Gym soit d’abord utile pour la santé et ensuite pour le fitness. Il faut organiser des compétitions de culturisme comme on savait le faire dans le passé. Il faut market le concept Santé partout dans les villages. Il faut avoir plus d’activités sportives nocturnes. Il faut que Flacq dispose d’une piscine. Ce n’est pas évident pour les Flacquois d’aller nager à Rivière du Rempart. Il faut rouvrir le centre de jeunesse après l’avoir remis à neuf. Il y a beaucoup de choses qu’on peut et qu’on doit faire pour cette jeunesse et les firmes de la région se doivent de marcher main dans la main avec les autorités pour aider cette jeunesse. Tout le monde sait que la jeunesse d’aujourd’hui, c’est l’avenir de demain. L’avenir du pays se trouve entre les mains de cette jeunesse d’aujourd’hui. Si cette même jeunesse n’est pas bien encadrée, si nous les plus âgés ne donnent pas à cette jeunesse des moyens pour se développer et de s’épanouir, comment sera notre pays demain ? Voyons dans le domaine du social. La jeunesse ne s’implique pas assez. Si tel était le cas, nous aurions accompli bien des choses encore plus valables que ce que nous faisons. Cette jeunesse n’est pas assez motivée, pas assez encadrée et pas assez conscientisée. Les jeunes comprennent mieux les aspirations de leur génération. Autant les aider au maximum.

Pour conclure cette interview, que diriez-vous à la jeunesse ?

Je demanderais à notre jeunesse de s’unir pour bâtir. Le pays a besoin de vous. Vivez sainement et faites ce qui est bon pour vous, vos proches, votre région et votre pays.

Interview réalisée par Stellio Antonio

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