Monday, November 29, 2021
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JOURNEE MONDIALE DU REFUS DE LA MISERE : Inde, Brésil, la crise sanitaire a fait plonger les plus fragiles

Un Indien sur six était mal nourri l’année dernière, un chiffre en augmentation pour la première fois depuis quinze ans. © Plan International

Dans le cadre de la journée mondiale du refus de la misère, hier, dimanche 17 octobre, focus sur la situation en Inde et au Brésil où le Covid-19 et les confinements successifs ont précipité les plus faibles dans l’extrême pauvreté.

La crise sanitaire et ses longs confinements ont eu un effet dévastateur pour les foyers indiens les plus modestes. Des dizaines de millions d’entre eux sont tombés dans la pauvreté, jusqu’à ne plus manger à leur faim.

230 millions d’Indiens seraient tombés dans la pauvreté entre 2020 et 2021 à cause de la crise sanitaire. Soit un habitant sur six. Ces estimations, publiées par l’université privée Azim Premji, donnent une idée des ravages des différents confinements indiens, très longs et sévères, sur la population.

Et surtout de leur inégalité : car ce sont bien sûr les plus modestes, qui travaillent dans l’économie informelle, qui ont le plus souffert. Ils ont perdu tous leurs revenus pendant au moins deux mois de l’année dernière. 

Un Indien sur six mal nourri

Beaucoup n’ont alors pas mangé à leur faim : l’inde vient ainsi de tomber à la 101e place sur 116 dans le classement sur la faim dans le monde publié cette semaine, qui fait passer l’inde derrière le Bangladesh voisin, pourtant plus pauvre en termes de PIB.

Un Indien sur six était ainsi mal nourri l’année dernière, un chiffre en augmentation pour la première fois depuis quinze ans. Pendant ce temps-là, les 100 indiens les plus riches ont vu, eux, leur fortune augmenter de 50%. Cette crise sanitaire accentue donc des inégalités déjà criantes en Inde.   

Au Brésil, les effets de la crise aggravés par une inflation galopante

La pauvreté est en forte hausse au Brésil, où la pandémie a fait flamber les prix de la nourriture. Rosangela Melo, une mère de cinq enfants, a passé quinze jours en prison pour avoir volé un paquet de pâtes et deux boissons gazeuses dans un supermarché de Sao Paulo. Il a fallu l’intervention de la Haute Cour pour qu’elle soit libérée : la justice a pris en compte l’extrême gravité de la pauvreté dans le pays.

Selon une étude du réseau Pensann, spécialisé dans la sécurité alimentaire, plus de 10% de la population vit en état d’extrême pauvreté, et plus de la moitié de la population souffre d’une forme d’insuffisance alimentaire.

La viande, un produit de luxe

Le nombre de sans-abri, comme Rosangela Melo à Sao Paulo, a explosé dans les grandes villes en raison de la pandémie, qui a provoqué la hausse du chômage et de la précarité.  

L’inflation a encore aggravé la situation. Officiellement, la hausse des prix atteint 10%, mais elle est encore beaucoup plus élevée en ce qui concerne les principales denrées alimentaires, comme le riz ou les haricots. Pour de nombreux Brésiliens, la viande est devenue un article de luxe, et certains en sont réduits à ronger les os que les bouchers vendaient auparavant pour nourrir les chiens.

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