Wednesday, December 7, 2022
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NAUFRAGE DU WAKASHIO – Le ministre français, Sébastien Lecornu : « La réhabilitation des lagons et de l’eco-système de la région affectée prendra dix mois »

Le ministre de l’Environnement, Kavi Ramano et du ministre français de l`Outre-mer, Sébastien Lecornu ont rencontré la presse hier après-midi au Fisheries Centre de Blue Bay. Le motif de cette rencontre avec les journalistes était évidemment pour parler de l’aide que nous apporte la France pour limiter les dégâts dans ce qui est considéré comme le drame écologique sans précédent. Cela, après le naufrage du vraquier japonais, MV Wakashio. Le ministre Ramano a saisi l’occasion pour donner des détails précis sur les travaux en cours pour se débarrasser du vraquier naufrage des récifs de Pointe d’Esny, les étapes de l’opération du pompage du fioul du vraquier, le travail des opérateurs économiques, des autorités et de la société civile. Il a également tenu à remercier la France et a demandé au ministre Sébastien Lecornu de transmettre les gratitudes de Maurice au président Emmanuel Macron. Il n’y avait pas de meilleures façons pour la France, à travers le Ministre de l’Outremer.

« L’amitié entre deux peuples, l’amitié et la fraternité entre deux Républiques, cela se mesure quand ça va bien, mais cela se mesure aussi quand ça va moins bien. » 

C’est avec cette phrase réconfortante que le ministre de l’Outremer a démarré sa conversation avec la presse hier. Il a expliqué que la France se tient debout et l’a fait en premier, auprès de Maurice, pour apporter son aide, sa compétence et son savoir faire pour aider notre pays, un pays ami, sœur de la Réunion, dans ces moments difficiles. Une fois la conférence de Presse terminée, le ministre a fait un tour en hélicoptère là où le vraquier a fait naufrage. Il a par la suite pris l’avion à destination de la Réunion. 

A l’île sœur également, le ministre a tenu une conférence de presse hier. Tout comme à Blue Bay, le ministre Lecornu a expliqué aux journalistes réunionnais qu’il est très concerné par la décision prise et annoncée par le Director of Shipping, M. Donat, pour couler les deux morceaux de l’épave dans les eaux de Maurice. D’autant qu’il reconnait qu’il y a des risques de trouver des boulettes d’hydrocarbures sur les rives de la Réunion. Il a ainsi demandé que la prudence soit de mise à Maurice et que toutes les conditions soient bien remplies avant de valider le scénario de couler au grand large les deux parties des épaves. Il a demandé que toute décision n’ait aucun impact non seulement sur les eaux territoriales mauriciennes mais également sur celles de la France et de la Réunion. D’où sa demande au gouvernement de se montrer vigilant et d’écouter les trois nouveaux experts français reconnus à la réputation établie,  qui devraient déjà être à Maurice aujourd’hui une fois qu’on finalise la décision. 

Le ministre français a avoué qu’il ne s’explique pas toujours comment le MV Wakashio s’est échoué ici. Il a par la suite répondu aux questions de la presse. 

Questions :

Kamlesh Buckhory, Le Défi : Monsieur le ministre, vous venez de dire d’après vos calculs, on risque de trouver des boulettes d’hydrocarbures à la Réunion, comment ce risque pourrait être le cas ?

On parle de projection. Il y a deux choses qui vont entrer en ligne de compte. La première, Ni vous ni moi, ni les Mauriciens, ni les Réunionnais, nous ne maitrisons le climat et la force des courants marins qui peuvent, dans une distance aussi proche entre Maurice et la Réunion amener a quelques déplacements des boulettes d’hydrocarbures à la Réunion. Nous surveillerons cela, heure par heure. Nous subissons des choses à certains égards. La deuxième chose évidemment les décisions qui pourraient être prises sur les deux morceaux d’épaves. C’est bien pour ça que j’ai appuyé avec beaucoup de franchise parce que quand on est ami on doit se dire les choses franchement. Le déplacement des deux épaves fait que ce risque d’avoir un impact potentiel. C’est pour cela que nous demandons de bien analyser les choses, de mesurer, de documenter, de peser et de sous peser les possibilités de pollution avant de décider où ces épaves doivent aller. La troisième chose, si de telles pollutions devaient s’établir sur des côtes réunionnaises, à la Réunion, nous avons nos outils POMLAR/Terre et POLMAR/Mer, avec des procédures, le savoir-faire, et le stock stratégique que nous avons préservés, nous devons y répondre. C’est pour cela que j’ai éludé cette réalité qu’un mauvais climat pourrait déplacer un certain nombre de traces d’hydro.

Jean Marc Poché, Le Mauricien : Monsieur le ministre, vous venez d’exprimer des craintes que le transfert de ces deux épaves du bateau risque de constituer un danger ?

Je ne peux pas vous redire mieux que ce que j’ai déjà indiqué. Je dis que c’est une manœuvre délicate à bien des égards. Donc, je souhaite que mes collègues ministres ici et le Premier ministre de la République de Maurice, puissent prendre les décisions avec toute l’expertise nécessaire pour prendre la moins pire des décisions, car on est en gestion de crise, en tout cas la meilleure, s’il nous est permis de prendre la meilleure. Car il est vrai que dans la gestion d’urgence, les résultats en grande partie sont là, les barrages, capacité de pompage, le nettoyage, tout est largement enclenché. Désormais dans cette manœuvre sur l’avenir des deux morceaux de l’épave, je souhaite effectivement qu’on puisse documenter tous les risques notamment sur le terrain environnemental. C’est la suite logique de la manoeuvre. C’est pour cela que la France apporte son concours de ces trois experts pour assister le gouvernement de Maurice dans les décisions qu’il prendra.

Jean-Luc Emile – RADIO PLUS : A la lumière de ce qu’a dit le Director of Shipping, semblerait que la décision a déjà été prise et que Maurice ne favorise pas votre proposition. Est-ce que vous avez pu en parler au chef du gouvernement et quelle est sa réaction ? 

Je crois avoir été claire. La position de la France n’a pas changé depuis 10 minutes, n’a pas changé depuis dix minutes. La position de la France n’a pas changé depuis 10 minutes. Trois experts sont dépêchés ici pour permettre de regarder tous les scénarios. Puisque nous devons nous assurer que la décision qui va être prise soit la meilleure en tout cas la moins pire en gestion de crise Cela est une responsabilité importante évidemment qui nous revient collectivement qui revient avant tout à Maurice. Je sais que vous souhaitez prendre la décision dans les meilleures conditions. Les ministres et le Premier ministre me l’ont dit. Les affaires maritimes ici se sont exprimés. Je sais que les experts qui travaillent pour l’armateur et les assurances de l’armateur se sont exprimés et c’est très important qu’ils l’ont fait. Je suis sûr que l’opinion publique mauricienne comme réunionnaise sera attentive à cette décision.

Abdoola Earally, WAZAA FM : (1) Pour rebondir sur cette question, Monsieur le ministre, que-ce qu’il faut surtout ne pas faire et quelle est la meilleure solution dans ce cas, sachant que Maurice est un petit pays avec de petits moyens. C’est la première fois que nous nous retrouvons dans une situation pareille. (2) Que peut faire la France pour Maurice en matière de surveillance militaire de la région vu que le trafic maritime très lourd dans la région, qu’est-ce que la France peut faire pour Maurice? 

En gestion de crise, toujours difficile de tirer des conclusions. Mais vous avez raison, il faudra faire, comme on dit dans les armées : Retex de tout cela et en tirer aussi les meilleures leçons pour l’avenir. Quelles sont-elles ? Déjà, sur le volet assistance et coordination des secours, de continuer en grande partie ce que nous avons projeté correspondait aux demandes. Au moment où on nous a demandé ce secours, nos forces se sont organisées pour se projeter de la manière la plus rapide qui soit, voie maritime et aérienne.  On a déjà un Retex plutôt positif sur le volet assistance. Deuxième chose : est-ce qu’on peut faire davantage sur ce type de situation qui à certains égards, paraît invraisemblable. Je l’ai déjà dit. On ne s’explique toujours pas l’erreur qui a conduit ce navire à se retrouver là où nous l’avons vu tout à l’heure. A l’échelle de l’Océan Indien, nous déjà, nous avons un savoir faire dans nos eaux territoriales. Cela va sans dire. Qu’on puisse avoir un dialogue opérationnel avec L’ensemble des Etats de la zone de cet océan pour avoir un coop ope beaucoup plus forte dans une zone ou le trafic maritime est non seulement très important, mais a toute vocation à s’affirmer encore dans les années qui viennent. Voilà typiquement un projet concret sur l’axe indo pacifique sur lequel on doit pouvoir travailler. Nous Français, Réunion n’est pas qu’eux, les Tafes, Mayotte bien évidemment. Si on est sur l’axe indo pacifique, donc nos connections avec la Nouvelle Calédonie ou la Polynésie Française peuvent nous intéresser aussi et pour l’ensemble des pays frères et amis qui nous entourent, on a la évidemment peut être un enjeu sur la sécurité maritime peut être projeté au-delà de régalien traditionnel aussi vers des logiques plus transversales et plus globales. C’est un peu tôt que l’épave est toujours à quelques mètres d’ici de vous dire la conclusion opérationnelle. En tout cas j’y vois un axe de travail très concret, sur laquelle d’ailleurs j’essaierais moi en France et à la Réunion en particulier, mais aussi à Mayotte, d’associer les collectivités territoriales parce que c’est une opportunité importante qui intéresse directement nos opinions publiques.

Stellio Antonio, EST PRESSE : Monsieur le ministre, sachant que l’environnement, l’éco système sont un peu votre champ de prédilection, pour rassurer les Mauriciens et les habitants de la région affectée en générale, qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur la période de réhabilitation de cette partie affectée ?

Réhabilitation c’est un mot plus recours des réalités très différentes en temporalité si réhabilitation la première vague de nettoyage, nous en parlions tout à l’heure, des entreprises qui sont projetées des citoyens s’investissent. On voit mal comment on n’a pas un travail de restauration à moins de dix mois. Je parlais de sept mois avec le Commandant. En réalité un travail à moins de dix mois, un travail de restauration méthodique, minutieux, opérationnel dans lequel on prend le soin de protéger les gens qui travaillent, dans lequel on a une méthode ou on ne déplace pas la pollution, mais au contraire on l’extrait avec beaucoup de rigueur. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. La question de la restauration c’est l’éco système, c’est l’impact de la biodiversité pour revenir à mes premiers amours, vous l’avez rappelez, de Secrétaire d’Etat à l’écologie. Là, il faut déjà mesurer l’impact. Jusqu’à quel point une certaine faune, une certaine flore a pu être abîmée, sachant qu’évidemment que le monde marin et ne réagit pas pareil que le monde terrestre. Là-aussi, il faudrait regarder les choses sur le volet côtier. C’est peut-être là que d’ailleurs je le dis publiquement, notre office français pour la biodiversité, qui est un acteur désormais reconnu sur la scène internationale pour son savoir-faire, peut se tenir à la disposition des Mauriciens et Mauriciennes, du gouvernement de la République de Maurice pour justement regarder comment des mesures de compensation, des mesures de restauration, de rééquilibrage éco-systémique peuvent être menées. En tout cas, il y a déjà des références et des référentielles dans l’histoire qui existent, sur lesquelles on pourra s’en inspirer.

Précision d’Alain Donat

Lors de cette conférence de presse, M. Alain Donat, Director of Shipping a été invité par le ministre Kavi Ramano pour préciser ce qui a été décidé par rapport aux épaves du Wakashio. Ainsi, M. Donat a annoncé que des instructions ont été données pour prolonger le navire dans les eaux territoriales pour le saborder à plus de 200m de profondeur. Cette annonce n`a visiblement pas été apprécié par le ministre français.

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