Sunday, December 5, 2021
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Timide retour à la plage, dur retour sur l’île aux Cerfs

Le retour des Mauriciens à la plage se fait timidement. Le temps venteux, pluvieux et souvent glacial de ces derniers jours fait que les gens préfèrent rester chez eux. Les commerçants souvent engagés à la plage et même les opérateurs des stations-services se plaignent. Le business va mal. Très mal même avancent certains. Au niveau des opérateurs des bateaux de plaisance, c’est aussi les difficultés qui sont tous les jours contées. Ce matin, vers 11h00, un tour à Trou d’Eau Douce, d’abord au débarcadère et ensuite, au Four à Chaux et nous découvrirons un spectacle pour le moins désolant. Les magnifiques bateaux et autres catamarans qui font des touristes découvrir la beauté de la partie Est pour la grande majorité dans le « parking ». Même la circulation est hyper fluide. Peu de monde dans les rues aussi.

Au débarcadère, quelques artisans réparent tranquillement un de ces jolis bateaux Pirates qui nous rappelle la légende de Bernardin de Saint Pierre, Paul et Virginie. Sur la jetée, personne. C’est le calme olympien. Un peu plus loin, la petite tabagie de la dame du coin est vide. Elle y était en compagnie de son époux et la seule phrase qui s’échappera de sa bouche sera : « Nous nous sommes tous retrouvés à terre, mais la situation devrait bien s’améliorer avant de retourner comme c’était avant le 18 mars dernier. Nous devons beaucoup prier». A une centaine de mètres de là, une demoiselle faisait sécher les rideaux, sans doute enlevés d’un de ces majestueux bungalows du coin.

Une île déserte
Au Four à Chaux, on aperçoit un seul de la centaine de propriétaires de bateau de plaisance qui fait habituellement le trajet Trou d’Eau Douce, l’île au Marginie et l’île aux Cerfs. Il s’agit de M. Arvind Hurloll de la compagnie AVS SPEED BOAT (Tel. 52542736 pour les réservations). Il attend quelques personnes qui veulent se rendre sur cette île idyllique qu’est l’île aux Cerfs avant de faire escale à l’île au Marginie. M. Hurloll est aussi un chef chevronné qui tient un de ces mini hôtels qui compte parmi les plus appréciés dans la région et qui est situé en face de la belle église catholique en pierre taillée, L’église Notre-Dame-du-Bon-Secours. C’est sa toute première sortie depuis mi-mars dernier. C’est d’ailleurs ce matin, qu’il a remis son bateau en mer. Comme il a obtenu la confirmation d’une réservation pour sept personnes hier, il lui a fallu remettre son bateau en mer ce matin. C’est comme on dit dans le jargon, un baptême qu’il ne pouvait refuser de célébrer. Après une vingtaine de minutes, il était déjà avec ses clients sur l’île aux Cerfs. Au téléphone il nous informa que l’île tant convoitée, était vide. « Il n’y a que mes clients, mes deux skippers et moi sur l’île. C’est vraiment triste et pénible même je dirais. Parce que moi j’ai toujours connu cette île toujours très animée, avec des Mauriciens et des étrangers qui y viennent faire la fête, passer du bon temps en famille, avec des amis, manger, boire, danser, nager, plonger, faire des sports nautiques comme on ne peut voir ailleurs. Or, aujourd’hui, l’île ressemble à un désert. Bien triste » dit-il sur un ton très nostalgique.

Une assistance financière de l’Etat est indispensable
Selon M. Arvind Hurloll, ce ne sera pas demain la reprise. Ce sera une reprise difficile, soutient-il. Ses amis opérateurs des agences de voyage à l’étranger lui ont fait part de leur inquiétude tout en ne pas se laisser aller à l’extrême ou devenir fataliste. Ils commencent à accepter des commandes, mais pour mars de l’année prochaine pour les touristes européens. La peur du coronavirus est omni présente chez les étrangers.

« A Maurice, nous avons beaucoup de chance. Le gouvernement a bien géré la situation et aujourd’hui, nous avons seulement des cas importés. On peut dire avec fierté que Maurice est COVID FREE. Cela encouragera les étrangers à retourner chez nous. En attendant l’ouverture des frontières, nous passons par une étape pénible. La grande majorité des opérateurs touristiques n’ont pas d’autres sources de revenus. L’entretien d’un bateau coûte de l’argent et lorsque le bateau n’est pas en opération, il y a d’énormes dépenses, dont le salaire des skippers. Je lance un appel au ministre des Finances et au Premier ministre pour qu’ils nous apportent un soutien financier. Nous ne demandons pas une fortune, mais l’essentiel pour pouvoir vivre et survivre en attendant que la situation retourne à la normale » fait ressortir M. Hurloll.

Lorsqu’on parle d’opérateurs touristiques, il faut aussi compter parmi les hôteliers, les restaurateurs, les marchands de plages, enfin ceux qui sont directement employés dans le domaine et même ceux qui y gagnent leur vie indirectement comme les pêcheurs, les planteurs et autres marchands de fruits et de légumes. Actuellement, tous ont été pris dans les mailles du filet de la COVID -19. Un vaccin efficace contre ce maudit virus se posera définitivement comme le messie. Souhaitons que cela arrive à la vitesse du vent. Croisons les doigts !

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